La Londe-les-Maures · Var

Histoire du Château des Bormettes

De l'abbaye Saint-Victor au château-village d'Horace Vernet, puis des mines des Bormettes à la restauration d'aujourd'hui : sept siècles d'histoire au bord de la Méditerranée.

Carte postale ancienne du Château des Bormettes à La Londe-les-Maures, avec son clocher
Le Château des Bormettes au début du XXᵉ siècle, avec son clocher et son médaillon.

Une terre monastique aux Bormettes

Avant la Révolution, le vallon des Bormettes appartient aux moines de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, puis aux Chartreux de la Verne, installés au cœur du Massif des Maures. De cette origine religieuse subsiste une trace précise : l'inscription « Saint Victor » que porte encore la chapelle du château.

Vendue comme bien national puis exploitée en domaine agricole, la propriété passe à la famille Laure, qui cultive vigne et oliviers sur ces coteaux tournés vers la rade d'Hyères.

1855 : Horace Vernet achète le domaine

Horace Vernet (1789-1863), peintre officiel de Louis-Philippe puis de Napoléon III, est alors au sommet de sa gloire : il vient de recevoir la médaille d'honneur de l'Exposition universelle de Paris. Il cherche un lieu de calme et de lumière et achète la propriété des Bormettes, entre les derniers contreforts du Massif des Maures et une mer qui lui rappelle ses campagnes algériennes.

Il y fait bâtir un édifice éclectique à dominante médiévale : entrée monumentale, tour d'angle, crénelages, fenêtres géminées, chapelle surmontée d'un clocher. La juxtaposition des corps de bâtiments donne à la demeure une silhouette de véritable château-village, singulière sur le littoral varois.

L'héritage et les majoliques des Roux

À la mort du peintre en 1863, Napoléon III lui adresse la croix de Grand Officier de la Légion d'honneur « comme au grand peintre d'une grande époque ». Le domaine revient à son petit-fils, le diplomate Philippe Grégoire Delaroche-Vernet.

En 1890, Victor Roux, fondateur de la Société des Mines des Bormettes, restaure le château et crée autour de lui un parc exotique de palmiers, de mimosas et d'eucalyptus. Son fils Albert ajoute une aile sud-est à tourelle carrée et pare les façades de majoliques colorées, encore lisibles aujourd'hui.

Marine, occupation, renaissance

En 1942, la Marine exproprie le site : le clocher est déposé et le médaillon de la Vierge retourné. Pendant l'Occupation, le château est camouflé sous une peinture verte qui ne sera nettoyée qu'en 1957. En 1972, le domaine devient un centre de formation des PTT.

La mémoire du peintre reste vive à La Londe-les-Maures : en 2008, la maison du patrimoine devient l'« Espace Horace Vernet — Arts et Patrimoine », face à la mairie.

Aujourd'hui : la restauration du Vernet

Le château fait aujourd'hui l'objet d'une restauration complète et minutieuse qui lui rend son cachet d'origine — façades, menuiseries, parquets, ferronneries — avec le confort contemporain. Douze appartements du T1 au T4, de 23 à 102 m² habitables, y prennent place, autour de parties communes dessinées par un architecte d'intérieur et d'un parc préservé.

Accès réservé

Plans des étages du bâtiment

Rez-de-chaussée, 1er et 2ème étages, niveau terrasse et belvédère, stationnement et plan cadastral : l'accès à ces plans est protégé par un mot de passe.